Saturday 25th November 2017

CHL- French

Coopération Humanitaire Luxembourg en
association avec l’ONG SOS Bahini Népal

L’ONG Coopération Humanitaire Luxembourg, et notamment son Président, Monsieur François Prum, et Madame Nadine Prum-Glesener se sont engagés avec enthousiasme, générosité et dynamisme en vue de soutenir la prévention contre toutes les formes de violence et d’abus dont sont victimes les jeunes filles et les femmes au Népal. A cette fin, en collaboration aves SOS Bahini, une ONG locale, des projets caritatifs et éducatifs ont été réalisés.
 

1.      Description de la situation actuelle et problèmes à résoudre

Le Népal est l’un des pays les plus pauvres du monde. Ces dernières années, le pays a beaucoup souffert : la guerre civile qui a duré pendant dix ans a détruit presque toutes les infrastructures, et les sécheresses et inondations fréquentes ont fait beaucoup de victimes. Le Népal se trouve aujourd’hui dans une situation politique, économique et sociale très délicate et la majorité de la population se trouve être en grande difficulté. Certaines régions du Népal demeurent sinistrées; le nord-ouest du pays est touché par la sécheresse de façon récurrente. La famine y fait régulièrement des ravages, comme ce fut le cas en 2006.

Les femmes et les filles souffrent davantage en raison de la forte discrimination envers le sexe féminin qui trouve ses racines dans l’hindouisme et le système des castes.

La pauvreté dans le milieu agricole et le manque d’éducation les a poussées vers les villes à la recherche d’une vie meilleure. Beaucoup d’entre elles se retrouvent dans des bidonvilles et risquent d’être exploitées sexuellement ou soumises à d’autres formes d’oppression, d’abus, de violences et d’exploitation intolérables.

Les femmes et les jeunes filles sont très vulnérables dans cette société, car privées de leurs droits les plus fondamentaux et sans aucune protection.

Pokhara est la troisième ville du Népal avec +/- 300.000 habitants. On estime que 4.000 à 6.000 jeunes filles vivent dans les conditions ci-dessus décrites et se retrouvent dans la précarité en raison de l’analphabétisme et de la sévère discrimination dont elles sont victimes.

L’objectif soutenu par SOS Bahini et CHL est d’aider ces jeunes femmes et filles à mener une existence digne, de briser le cercle vicieux de l’oppression et de la pauvreté et de prévenir ainsi l’exploitation, la violence, la traite des jeunes femmes et filles, ainsi que de les informer sur le SIDA.

 2.      Les projets de SOS Bahini/CHL

A ce jour, l’ONG SOS Bahini soutient 5 projets à Pokhara. Tous les projets sont complémentaires et interdépendants, et tous visent à éliminer et/ou soulager les sévères discrimination et exploitation auxquelles sont sujettes les femmes et filles de son groupe-cible à Pokhara, à savoir :

  1. le foyer du jour DCC (SOS Bahini Day-Care-Health-Education-Centre);
  2. le centre de formation BTC (SOS Bahini Training-Centre);
  3. le centre d’éducation dans le bidonville SCC (SOS Bahini-Slum-Contact-Centre);
  4. le foyer “Crochet du feu” (SOS Bahini/Biswas “Fire-Hook“);
  5. le projet IFAP (SOS Bahini-Integrated-Family-Aid-Program).

1)   Le « foyer du jour » DCC ouvert par « SOS Bahini » au début de l’année 2005, avec le cofinancement du MAE, forme le noyau de l’organisation. Il est situé dans le centre de la ville dans le district Kaski. L’administration et la gestion de l’ONG sont situées dans le foyer du jour.

Le projet en question vise essentiellement la prévention contre toutes formes d’exploitation et discrimination qui touchent les femmes de 18 à 35 ans et, plus particulièrement, la prévention contre l’exploitation et les abus sexuels de jeunes filles âgées de 5 à 18 ans. Le centre d’accueil est un refuge pour un grand nombre de femmes et de filles.  Il s’agit de répondre à tous les besoins de ce groupe-cible, de procurer des conseils, voire de transférer ces jeunes femmes vers d’autres ONG spécialisées, comme par exemple, vers un  “service juridique” ou, si nécessaire, vers un des hôpitaux qui coopèrent avec SOS Bahini.

Le foyer offre une vaste gamme de services tous conçus pour répondre aux besoins des bénéficiaires, à  savoir : soins médicaux, cours d’alphabétisation, cours d’hygiène, éducation sexuelle et prévention contre le SIDA, stages d’artisanat, conseils juridiques, psychothérapies, formation à la pratique de petits métiers et stages pour adolescents.

Des contrôles dentaires et gynécologiques ont lieu régulièrement et les bénéficiaires nécessitant des soins dentaires plus conséquents sont transférées dans des “cabinets dentaires” qui collaborent avec SOS Bahini.

Le foyer accueille actuellement une moyenne de 30 à 60 filles et femmes par jour.

A ce jour (fin 2009), SOS Bahini peut offrir une scolarité à 62 filles, âgées entre 4 et 18 ans.

Aujourd’hui, 5 familles bénéficient du programme “EDUCARE“.

Le foyer offre au total l’hébergement à 21 filles et jeunes femmes du groupe-cible, dont la plupart seront par la suite intégrées dans le projet IFAP.

Entre autres, le foyer du jour a développé un programme écologique en mettant sur pied des élevages de vaches, poules et lapins pour la production de lait, œufs et viande.

Les bénéficiaires cultivent les légumes, le gingembre, les champignons et produisent le tofu de manière biologique. Tous ces produits servent à la consommation propre des résidentes du foyer et le surplus est vendu dans les restaurants et sur les marchés.

Une autre innovation de SOS Bahini est la fabrication de briquettes avec des déchets de papier et de carton qui sont utilisées pour alimenter le feu à la cuisine.

Toutes ces activités permettent d’offrir une formation aux femmes du groupe-cible.

2)   Le projet “IFAP” (Integrated-Family-Aid-Program)

Le présent projet est complémentaire et essentiel pour le fonctionnement des autres projets de SOS Bahini. Grâce à ce programme, SOS Bahini est en mesure d’offrir un foyer, et donc une vie familiale, aux femmes abandonnées ou veuves et à leurs filles, ainsi qu’aux orphelins de père et/ou mère. A ce jour, 8 familles ont vu le jour et sont installées au sein de l’IFAP.

3)  Les “Slum-Contact-Centre” SCC

Ce centre se trouve dans le plus grand bidonville de Pokhara.  Appelé « Bus-Park-Slum », il est situé à 2 km du DCC.

Le présent projet est également complémentaire aux autres projets de « SOS Bahini ».  Il  vise un des groupes-cibles les plus vulnérables : les adolescents et les femmes qui vivent dans le bidonville.

4)  Les “Fire-Hook”

Ce programme est né d’une collaboration avec l’ONG “BISHWAS”. Le “Fire-Hook” a été mis en place au début de l’année 2009 et s’adresse aux adolescentes et jeunes femmes qui travaillent dans des établissements qui facilitent et encouragent la prostitution. SOS Bahini offre des cours d’alphabétisation et une formation professionnelle à ce groupe-cible.

5)  Le “Bahini-Training-Centre” BTC

Le centre de formation professionnelle a été créé en janvier 2009 et se trouve à proximité du DCC. SOS Bahini offre des formations professionnelles pour l’apprentissage de divers petits métiers et des cours d’artisanat sont proposés aux différents groupes-cibles.

Les formations suivantes sont dispensées :

– couture / blanchisserie;
– pâtisserie;
– cours d’informatique;
– production tofu;
– cours d’art;
– cours d’alphabétisation.

Au niveau socioculturel, il existe un système de castes au Népal. Ce système de castes est reconnu comme fortement patriarcal. Les femmes souffrent d’une discrimination sévère, notamment celles issues de castes inférieures ou celles qui ne relèvent d’aucune. C’est la raison pour laquelle le nombre de jeunes femmes ou filles en grande difficulté est de loin supérieur à celui des hommes. L’ONG SOS Bahini a pour mission de s’occuper de ces jeunes filles et femmes vulnérables qui se retrouvent dans des situations extrêmement précaires, avec le risque d’être abusées ou exploitées sexuellement.

Au niveau économique et financier, le projet subvient partiellement aux besoins alimentaires du foyer du jour. Les bénéficiaires cultivent unpotager/jardin sur le site même du foyer. Les bénéficiaires reçoivent entre autres une formation sur la culture des champignons et du gingembre (distribution/vente dans les  restaurants à proximité) et la fabrication de briquettes pour préparer les repas.

Les produits du potager permettent à eux seuls de couvrir 30 à 40 %  du budget relatif à la nourriture, les repas étant essentiellement végétariens.

Les produits issus de l’atelier de pâtisserie, ainsi que le tofu, qui est fabriqué dans le centre, serviront de nourriture à nos bénéficiaires et le surplus sera vendu.

Lorsque l’atelier de pâtisserie tournera de manière optimale, il est envisagé d’ouvrir un « Café-Restaurant Bahini » à proximité du centre touristique de Lake-side. Ce projet est envisagé depuis des années, mais suite à l’instabilité politique et économique, il n’a pas pu être concrétisé jusqu’à présent.

Les vêtements, confectionnés par les apprenties couturières,  permettent d’habiller les bénéficiaires du centre.

En plus de l’éducation, de l’alphabétisation et des soins de santé, les filles sont également formées à l’apprentissage de petits métiers afin de permettre leur intégration au sein de la communauté.  Pour la formation professionnelle et l’apprentissage de petits métiers, SOS Bahini a créé le centre de formation BTC début de l’année 2009.  L’ONG SOS Bahini prévoit  également des « microcrédits » pour la pratique de petits commerces.

3.       Les raisons principales de l’oppression et de la sévère discrimination du sexe féminin au Népal et ses conséquences :

Raymond Lindinger, membre du conseil d’administration de l’ONG “Coopération Humanitaire Luxembourg “, qui vit depuis dix ans (7 à 8 mois par an) au Népal, s’est engagé à lutter contre l’injustice persistante à l’égard d’un grand nombre de femmes et de filles du Népal.

A cette fin, un certain nombre de projets ont été initiés, conçus et implantés, tous avec l’objectif d’aider le groupe-cible à vivre dans la dignité et la sécurité.

Scolarité / éducation :

La société népalaise est marquée par une grande inégalité concernant le droit à l’éducation. Sexe, castes, statut social et argent font, encore une fois, la différence.

Les statistiques nationales prouvent que seulement 7.8 millions de Népalais (population totale : 25 millions) entre 15 et 60 ans ont reçu une éducation. 30% des femmes suivent une instruction contre 66% pour les hommes. Seulement trois femmes népalaises sur dix sont en mesure de lire ou écrire, ce qui explique qu’elles sont confrontées à de nombreuses difficultés pour sortir du cercle vicieux de la pauvreté.

Officiellement, 80 % des filles vont à l’école, mais la réalité est bien différente. Il existe des écoles publiques dites “Governement Schools”. Ces écoles disposent de moyens rudimentaires et les instituteurs sont peu payés, mal formés et souvent sans motivation. Les derniers résultats du SLC (l’équivalent du bac français) pour les écoles publiques ont été désastreux, et les gouvernements successifs ne se posent guère de questions sur les causes de ces échecs. De plus, ces écoles ne sont pas gratuites comme on le laisse croire. Le coût est d’environ 20.- € par an, uniformes inclus, et trop souvent, les familles nombreuses n’ont pas les moyens suffisants pour envoyer leurs enfants à l’école. Les fils vont alors à l’école et les filles sont contraintes de garder les chèvres et sont privées d’éducation.

Ensuite, il y a les “Boarding Schools”, fondées sur le système anglais. Tout y est payant (jusqu’au document d’inscription).  La qualité de l’enseignement y est supérieure et la langue anglaise obligatoire. Évidemment, ces écoles sont chères (entre 15 et 25.- € par mois, livres et uniformes inclus).

Les castes et leurs statuts :

La culture au Népal est définie par l’Hindouisme. L’ordre social est déterminé par les castes, et les femmes occupent une position subalterne dans la société népalaise.

Bien qu’abolies officiellement en 1953, les castes n’ont pas disparu. Ces castes sont régies par des statuts et des règles strictes. Cette classification n’est pas liée à la hiérarchie économique mais est déterminée par la naissance.

Le statut des femmes népalaises dépend de la situation sociale et économique des hommes (père et mari) dans leur foyer. Les femmes des castes inférieures ou sans caste sont encore privées des droits les plus élémentaires.

Dans les régions rurales, les filles sont considérées comme des “paraya dhan” (propriété des autres) et elles sont trop souvent privées d’éducation.

Les conséquences :

– prostitution :

Chaque année, selon les statistiques de diverses ONG, entre 8.000 et 12.000 femmes et très jeunes filles en Inde sont placées dans des réseaux de prostitution et forcées de travailler dans les bordels sordides.

Au total, 200.000 Népalaises “travailleraient” dans l’industrie du sexe en Inde. La grande majorité d’entre elles seraient renvoyées au Népal après avoir contracté le SIDA ou d’autres MST.

Il est à noter que la prostitution au Népal s’est considérablement développée au cours de ces dix dernières années, et ce notamment en raison de la pauvreté et du manque d’éducation dans les villages situés dans des régions rurales à l’ouest et à l’est du pays.

Beaucoup de jeunes femmes (dont 25 % de mineures) ont fini dans la prostitution. Des rabatteurs opèrent dans les villages et promettent une vie meilleure aux jeunes femmes et filles.  Malheureusement, ces dernières sont souvent vendues à des propriétaires de maisons closes.

D’autres, âgées entre 14 et 30 ans, travaillent comme danseuses et serveuses dans des établissements nommés “Dance/Cabin-Restaurants”. Appelées “Cabin-girls”, elles sont forcées de satisfaire les exigences des clients dans des “chambres séparées”.

On estime qu’il existe environ 70 000 femmes et filles qui travaillent dans de pareils établissements à travers le pays.

 – violences et abus sexuels domestiques :

Il s’agit là aussi d’une triste réalité concernant la vie quotidienne des femmes au Népal.

Une préoccupation majeure est l’alcoolisme dans les milieux défavorisés.  Consécutivement, la violence et les abus sexuels dans le foyer sont très fréquents.

Un grand nombre de femmes sont victimes de viols et de violences physiques.  Ces crimes sont souvent commis sur des gamines de moins de dix ans qui constituent des proies faciles et qui subissent viols et violences  de la part des membres de la famille ou du voisinage.

CONCLUSION :

“L’éducation et la formation professionnelle” restent les seules réponses pertinentes pour affronter les problèmes auxquels sont confrontées les femmes au Népal.

L’ONG SOS Bahini a mis en œuvre plusieurs projets, tous complémentaires, afin de mettre fin aux conditions intolérables dans lesquelles vivent beaucoup de femmes et de filles au Népal.

A cette fin, l’organisation a l’intention de scolariser 80 à 100 filles courant de l’année 2009, d’offrir des cours d’alphabétisation à 50/60 femmes et de dispenser une formation professionnelle à 30/40 jeune femmes, et ce grâce à des cycles d’une durée d’une année.

Demande de subsides pour les raisons suivantes :

– Education/scolarisation :

80 filles sont admises dans des écoles privées dans la mesure du possible. Le coût annuel pour une fille, uniformes, livres et un repas inclus, est en moyenne de 16.- € par mois, soit 192.- €  par année.

40 filles et jeunes femmes reçoivent une formation professionnelle (cycle d’un an) dans le centre de formation “SOS Bahini-Training-Centre”.

Le coût mensuel pour la formation d’une fille/femme est de 35.- €, soit 420.- € par an.

– EDU-CARE :
Avec ce projet, l’organisation soutient une famille constituée d’une mère seule et de ses enfants qui, faute de moyens, ne peut pas les nourrir, les soigner et les envoyer à l’école.

L’organisation offre à ces enfants l’éducation, les vêtements, les soins médicaux et la nourriture dont ils ont besoin (l’organisation procure la nourriture de base : riz, lentilles, pommes de terre et huile).

Afin de soutenir une telle famille, il faut en moyenne 30.- € par mois, soit 360.- € par an.

Récapitulation:

scolarisation pour 1 fille : 192.- € par an
formation professionnelle pour 1 fille: 420.- € par an
EDU-CARE pour 1 famille : 360.- € par an